Các bài báo (Les articles)

Chuyện như đùa của những thân phận con lai lính thợ

Bài viết của tác giả Trần Thu Dung, in trên “An ninh thế giới” ngày 25/5/201613243807_480477845483259_7407186666098328967_o

L’histoire vue comme une légende
(article publié dans le journal « An Ninh thế giới », le 25/05/2016)

13301392_481007152096995_8520262648094431045_oPhoto : Des descendants des travailleurs indochinois et l’auteur chez Mme Nguyên-Hoaï Michèle. De droit à gauche : Diệp Minh Nicole; Phạm Joel; Ngô Văn Đô Huệ ; Quách Dominique, Michèle, l’auteure, Marie Laure Mai, Nguyen Christian)

Pendant la deuxième guerre mondiale la France a subi une pénurie de main d’oeuvre et économique. Afin de rémédier la situation, la France avait déjà recruté les ouvriers indochinois en 1939-1940. C’était plutôt un recrutement forcé sous le prétexte patriotique de « sauver la patrie ». Chaque famille devait fournir un ouvrier. Les riches familles payaient les gens qui servaient de remplacants. Vingt milles paysans pauvres étaient allés en Europe. Ils étaient maltraités et les abus étaient atroces. Les autorités les classèrent comme Main d’œuvre Indigène (M.O.I ).
Une coïncidence, le mot « Mọi » en vietnamien avec presque le même prononciation signifie le sauvage, le barbare. Avec le temps, les termes “mọi” et “ nhà quê” sont devenus des termes péjoratifs pour parler des Indochinois.

À leur arrivée en France, ces ouvriers restèrent provisoirement dans les batiments d’une prison nouvellement construite avant d’être transférés. Les photos d’identité avec leurs matricules autour du cou, les empreintes digitales étaient prises, comme pour de vrais condamnés. Ils ne touchaient pas de salaires pour leurs labeurs. L’égalité entre les ouvriers indochinois et français n’existait pas. Bien qu’ils soient nés dans une colonie française, ils n’étaient pas citoyens français. Pour défendre cette exportation forcée de main d’oeuvre , les fonctionnaires faisaient appel à la devise “La France est en danger. On a besoin de vous pour sauver la Métropole”. Sur leurs papiers d’identité, les ouvriers devaient indiquer leur race qui, pour la France, était “annamite” où l’on sous-entend l’infériorité. Ils travaillaient dans des usines d’armement, dans les mines … étant payés des salaires minables et logés misérablement. Les patrons diminuaient leurs salaires sous prétexte d’économies pour leurs pensions quand ils seraient rapatriés. En réalité, ils ne toucheront jamais ces “pensions”. Cinq cents ouvriers furent envoyés en Camargue en vue de cultiver le riz. Ils dormaient dans les cabanes couvertes de tôles en hiver. À cause des différences de langage, les ouvriers , par nature plutôt dociles, restaient muets , ne portant pas plainte et les patrons en profitaient pour multiplier les abus. Une minorité s’évada, n’acceptant pas ces injustices. Grâce à leur expertise à cultiver le riz au VN, la Camargue sauvage a été transformée en une région productrice de cette céréale.

Quand la situation en Indochine se détériora et craignant que les ouvriers inciteraient à la lutte pour l’indépendence du Vietnam, les autorités commençèrentent à rapatrier plus de 17 000 ouvriers célibataires sans leur donner aucune récompense ni pension. Ceux qui s’étaient mariés avec une Française ne furent pas considérés comme perturbateurs. Quelques uns décidèrent de rester en France car ils n’avaient pas les ressources à rentrer au VN et aussi parce que leurs femmes et enfants n’étaient pas autorisés à les accompagner.

Les autorités françaises comptaient que ceux qui restaient ne causeraient pas de troubles. Mais après la proclamation d’un Vietnam indépendant en 1945 à Hanoi, les ex ouvriers organisèrent des démontrations en soutien de l’indépendance. Ils étaient surveillés de près par la police et même interpellés.

À la fin du conflit mondial, la France s’affronta à la guerre d’indépendance en Indochine. La question des rapatriements tomba dans l’oubli. Ceux qui étaient restés etqui étaient mariés à des Françaises rencontrèrent des obstacles administratifs. D’après la loi, les descendants issus des pères vietnamiens avaient la nationalité vietnamienne. Ces descendants étaient nés en France et pour beaucoup leur langue maternelle est le français. Presque toute cette génération ne parle pas le vietnamien ou avec difficultés et accents. Les autorités civiles n’acceptaient pas les noms en vietnamien dans les actes de naissance et en même temps refusaient de conférer la nationalité française tel que le cas de Ngo Van Dominique ou de Michèle Béti…

Après les accords de Genève en 1954, le Vietnam était divisé en deux états. Ceux qui restaient en France devaient changer la nationalité car le retour au Vietnam devenait trop compliqué. Et en outre, les ex ouvriers qui étaient sympathisants au Viet Minh (Alliance des Vietnamiens pour l’indépendance du Vietnam) se voyaient quelquefois refuser l’acquisition de la nationalité française , même s’ils avaient rendu des services à la France et pris des Françaises pour femmes tel est le cas de Vũ Văn Đối , père de Danielle.

Je me rappelle dans un livre scolaire de mon enfance d’une poésie : Dans le village des montagnards/ Dès le bonheur du matin/ Les français furent entrés/ Réclamer la remise/ de toutes les photos de Ho Chi Minh / Une vieille montagnarde sortit/ De son cuisine un pot de sel/ Mis sur la table avec le respect/ « Le voilà ma photo de Ho Chi Minh »… Cette poésie exprime la gratitude de montagnards pour Ho Chi Minh qui leur avait donné du sel. Le sel était un aliment des plus précieux pour eux. A cette époque, le mouvement de Viet Minh commença à s’étendre. Les colons français fouillèrent les maisons et arrêtèrent tous ceux qui soutenaient le Vietminh. Les drapeaux et les photos trouvées de Ho Chi Minh servirent de preuves. On pense que ces faits sont arrivés seulement en Indochine, et que c’est une poésie de propagande des Viet Minhs. Mais ça s’est passé aussi en France, ce pays à la renommée de liberté.

Après 1975, le VN s’est unifié et a rétabli les relations diplomatiques avec la France. Les descendants des ouvriers indochinois forcés racontaient récemment les tribulations de leurs parents sans oublier les contributions de ceux- ci à la lutte pour l’indépendence de leur pays natal, et la réquisition de la maison de leurs parents en France. Les photos de Ho Chi Minh et de drapeaux Vietminh justifient leur soutien au Vietminh leur barra le chemin vers la naturalisation française. On pourrait croire que ce n’est une légende. Car maintenant 30 ans après, en France, il existe 7 rues nommées Ho Chi Minh (à Givors, Lanester, Vaulx-en-Velin, Vénissieux et deux rues en Réunion). Même en banlieue parisienne (Montreuil), la statue de Ho Chi Minh est érigée. En plus 200 rues en France portent les noms du Vietnam comme Hanoi, Saigon, Annam, Tonkin, Cao bang, Son Tay, Duy Tan…*

L’indépendance s’est obtenue par le sang et le sacrifice du peuple Vietnamien. Le soutien de Viet Minh par une partie la France fut précieux dans cette période pour l’indépendance du Vietnam.
Les descendants des travailleurs indochinois et leurs parents continuèrent à soutenir l’unification du Vietnam pendant la guerre du Vietnam contre les Américains. Et Ils n’ont pas oublié le Vietnam…
Trần Thu Dung,

* Tran Thu Dung : Les empreintes du Vietnam à travers les noms des rues en France, éd. Dong Tay, 2014

 

Nguồn: Facebook Tran Thu Dung

Advertisements

Thảo luận

Không có bình luận

Trả lời

Mời bạn điền thông tin vào ô dưới đây hoặc kích vào một biểu tượng để đăng nhập:

WordPress.com Logo

Bạn đang bình luận bằng tài khoản WordPress.com Đăng xuất /  Thay đổi )

Google+ photo

Bạn đang bình luận bằng tài khoản Google+ Đăng xuất /  Thay đổi )

Twitter picture

Bạn đang bình luận bằng tài khoản Twitter Đăng xuất /  Thay đổi )

Facebook photo

Bạn đang bình luận bằng tài khoản Facebook Đăng xuất /  Thay đổi )

w

Connecting to %s

Advertisements
%d bloggers like this: