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Mémoire: Saïgon – Marseille, aller simple

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Quand les travailleurs forcés d’Indochine débarquaient à la Joliette.

En septembre 1939, la France ramenait dans les cales réquisitionnées de 73 navires des Messageries Maritimes 20 000 paysans vietnamiens pour les employer de force dans nos usines d’armement. Ces « indigènes annamites » étaient aussitôt immatriculés par le « service de la main d’œuvre indigène » du ministère du Travail. Bon pour le turbin.

Cette page choquante et oubliée de notre histoire, Pierre Daum l’a révélée en 2009 dans Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France (1939-1952) * suivi de Saïgon-Marseille, aller simple, une exposition itinérante en France. Sa conférence donnée mardi soir, au musée d’histoire de Marseille (Centre Bourse) à laquelle ont assisté de nombreux marseillais d’origine vietnamienne, a rappelé la place importante de Marseille dans le plan conçu par Georges Mandel, un ministre des colonies fier de l’arrivage de son « premier lot » (sic) de travailleurs. Sait-on qu’à peine débarquée à la Joliette, cette main d’œuvre indochinoise a été acheminée par camion à la prison des Baumettes qui n’étaient pas encore inaugurée pour y passer leur première nuit ? L’administration pénitentiaire songe à présent à leur rendre hommage.

« Ils ont crevé de faim »
Répartis aux quatre coins de la France, ces hommes célibataires seront envoyés dans les poudreries de Saint-Chamas et de Sorgues, aux Salins de Giraud, à Agde, à la coupe du bois dans le Luberon, plus tard dans la chimie à Saint-Auban où ils s’intoxiquent à laver des cuves mais aussi en Camargue pour lancer des rizières. C’est à ces paysans oubliés que l’on doit en septembre 1942 la première moisson réussie de riz français dont peut se féliciter à l’époque le maire pétainiste d’Arles Pierre Du Lac, grand propriétaire terrien. On pourra toujours railler Uncle Ben’s…

C’est en tout une fructueuse opération d’exploitation d’Etat, lequel n’a jamais reversé aux travailleurs les demi-salaires payés par des entreprises sans scrupules. Il n’y a jamais eu de reconnaissance officielle encore moins d’indemnisation et le ministre du Budget de Mitterrand, Michel Charasse, a même refusé d’en tenir compte dans le calcul des pension de retraite de ceux qui sont restés en France.

« On les a soumis à un régime de privation de liberté en important sur le sol métropolitain des pratiques d’oppression courantes dans les colonies. On les a traités de façon contraire à l’état de droit dans des camps d’internement dirigés par d’anciens officiers de l’armée coloniale », insiste Pierre Daum à la recherche depuis 2005 des derniers témoins en France et au Vietnam. « C’est moins des gifles et des coups de bâton dont ils se souviennent que de la faim. Ils me disent tous qu’ils ont crevé de faim pendant la guerre. Leur ration hebdomadaire prévue était pillée. » Il dénombre 5.000 décès en 5 ans dans cette communauté où le taux de mortalité était 4 fois supérieur à la moyenne de l’époque.

A Marseille, jusqu’à 4.000 d’entre eux ont été regroupés dans deux camps d’internement de Mazargues (Grand Arenas et Colgate) où Hô Chi Minh leur a rendu visite le 16 septembre 1946. Au cimetière St-Pierre, rappelait Pierre Daum, la stèle des Indochinois morts pour la France a longtemps été fleurie par un de ces travailleurs, un homme de 93 ans qui vit aujourd’hui à l’Estaque. La Ville d’Arles s’est engagée en 2009 dans un travail de reconnaissance qui devrait aboutir en septembre prochain à l’édification d’une stèle commémorative.

Source: David COQUILLE

 

Nguồn: http://www.site-vietnam.fr/memoire-saigon-marseille-aller-simple/

 

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