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Sorgues : l’expo qui se souvient des 4 000 Indochinois “immigrés de force”

Un travail de mémoire sur “la main-d’oeuvre indigène” en Vaucluse à découvrir dès ce soir

Actualités - Sorgues : l'expo qui se souvient des 4 000 Indochinois immigrés de force
Venu en France pour travailler, comme 20 000 autres Indochinois, le Sorguais Do Van Luong.

C’était il y a près de 70 ans. Hier en somme. Dès 1939 et la décision de faire appel à des “bras” d’Indochine, plus de 4 000 “travailleurs forcés” ont quitté cette lointaine colonie d’Extrême-Orient pour venir vivre et travailler en Vaucluse. Après Fontaine-de-Vaucluse, Apt et Sault, et avant Avignon et Bollène c’est donc le pôle Camille-Claudel de Sorgues qui accueille dès aujourd’hui l’exposition qui se souvient de cette époque. Et de ceux qui, pour l’administration, existaient sous l’appellation peu glorieuse “Main-d’Œuvre Indigène”. Intitulée sobrement “Indochine de Provence, le silence de la rizière”, l’exposition itinérante est proposée par le Musée d’histoire Jean-Garcin 39-45″.

Elle présente l’histoire des travailleurs indochinois en deux volets : un volet national sur la base des panneaux constitués par Pierre Daum, journaliste au “Monde Diplomatique” à partir de son ouvrage “Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France” (1939-1952), Actes Sud, 2009, ainsi qu’un volet départemental qui exposera les recherches conduites par le musée et qui mettent en lumière les traces de cette histoire en Vaucluse.

Grands absents des lieux de mémoire

Ils étaient plutôt discrets. Gentils, disait-on, et serviables. Propres sur eux, même si la vie en baraquement, à travailler dur, ne facilitait pas l’élégance. Certains de ces “Chinois” comme on les appelait, entre 1939 et 1948, déclamaient du Victor Hugo mieux que des maîtres d’écoles. D’autres souriaient juste pour dire qu’ils ne comprenaient pas. Dans le 84, ils ont posé leur destin essentiellement à Sorgues, dans les quartiers de Bécassières, Poinsart et Badafier. Dans la cité sorguaise, qui mieux qu’Anne-Marie Do Van Luong, ancienne directrice d’école à la retraite, peut évoquer cette période particulière à quelques kilomètres d’Avignon ? “Un récit oublié, grand absent de l’inventaire des lieux de mémoire pour ces exilés de force de 1939 à 1952…” précise à juste titre Claude Haut, président du conseil général de Vaucluse.

Le papa d’Anne-Marie Do Van Luong était du nombre, avec ce nom qui se décompose comme suit : “Do” c’est le nom de famille, “Van”c’est le sexe masculin et “Luong” le prénom. Et Anne-Marie de préciser : “Donc, mon vrai nom devrait être Do Anne-Marie avec au milieu “Thi” pour le féminin, mais à l’Etat civil on a pris comme nom patronymique Do Van Luong, sans essayer de comprendre !” Fils de propriétaire terrien, le papa d’Anne-Marie a séjourné aux Baumettes à Marseille en 1939, avant d’être affecté à Sorgues quelques mois plus tard et pris racine dans le camp des Bécassières.

“Un jour à La Poste, mon père a fait la connaissance de Paulette Perrin, qui est devenue ma mère, après s’être mariée à Villeurbanne” précise Anne-Marie. “Papa a travaillé un temps à la poudrerie de Sorgues, puis a été envoyé à Lyon, où il a travaillé à l’usine Berlier, avant de revenir à Sorgues en 1952. Plus tard, il a trouvé du travail au sein de l’entreprise de peinture Ricca, puis embauché au collège Diderot grâce à Maurice Goudet, qui était adjoint sous la municipalité de Fernand Marin” (ancien maire ndlr).

L’exil, et puis l’oubli

Ils arrivèrent 4 000. Et puis et puis, l’Histoire les a laissés sur le bas côté de la route. Une partie d’entre eux repartant au Vietnam. On n’en a jamais plus reparlé. “Non, on n’en parlait pas. On savait que nos pères venaient de là-bas. Mais ils ne racontaient pas pourquoi, ni comment ils étaient arrivés ici” dit Anne-Marie Do Van Luong. Elle, quand elle était petite à Sorgues, on l’appelait la “Chinoise verte” et ça l’ennuyait beaucoup. Mais c’est tout. Il aura fallu attendre 2009 et le travail, notamment, d’un journaliste, Pierre Daum, pour que l’on se souvienne de ces anonymes du labeur, recrutés pour la plupart de force, sans salaire, au service de la France. Et pour que l’on rende à Anne-Marie, et à son amie Suzanne Nam Nguyen-Hoaï, une histoire. Celles de leurs pères et de plusieurs milliers d’inconnus. Des hommes destinés à travailler dans les poudreries de France, dans les entreprises privées ou publiques, dans les salines. Les plus nombreux n’ont pas eu le choix : un fils devait partir dans chaque famille, pauvre de préférence (les riches payaient pour rester). Au final, tous se sont retrouvés dans ces baraquements au confort spartiate. Mal nourris, mal logés. “Mais pas forcément mal aimés” raconte Anne-Marie.

L’exposition de Sorgues se prolonge jusqu’au 29 septembre et, jeudi, une plaque sera posée à la mémoire des travailleurs Indochinois à Bécassière. Quant à l’expo, elle sera accueillie à Avignon dès le 4 octobre à la Bibliothèque de l’Université.

Dominique Conti et Silvie Ariès

Nguồn: http://www.laprovence.com/article/actualites/1938943/sorgues-lexpo-qui-se-souvient-des-4-000-indochinois-immigres-de-force.html

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